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Le chercheur Philippe Froguel a communiqué dimanche 6/09/2009 le résultat de ses recherches sur le diabète de type 2, qui touche plus de 250 000 habitants de la région.
Vos études ont permis d'identifier un nouveau gène qui favorise l'apparition du diabète de type 2. En quoi se distingue-t-il des trente gènes déjà connus ?
>> Nos recherches ont abouti à l'isolement du gène IRS1, responsable de l'assimilation du sucre par les muscles.
Pour le moment, tous les gènes identifiés étaient liés à la sécrétion de l'insuline et non à ses effets sur l'organisme. Cela fait une trentaine d'années que nous savons en effet que cette protéine souffre d'un dérèglement chez les diabétiques, mais nous méconnaissons encore grandement ses effets. Ici, nous établissons scientifiquement qu'un gène en rapport avec l'assimilation du glucose par les muscles peut augmenter jusqu'à 20 % les risques de diabète de type 2, Ce constat ouvre la voie à un traitement qui bénéficierait à tous les diabétiques.
À quelle catégorie de malades cet éventuel traitement serait-il le plus profitable ?
>> A ceux qui sont le moins sensibles à l'action de l'insuline. Depuis plusieurs années, la plupart des traitements reposent en grande partie sur les sulfamides, qui stimulent la production de cette protéine dans le pancréas. Or en isolant la responsabilité de ce gène IRS1, présent sur le chromosome 2, nous montrons que les muscles de certains patients restent incapables d'assimiler le sucre et de le transformer en énergie. Avec ou sans insuline. Intervenir sur ce dysfonctionnement revient en quelque sorte à donner au malade les moyens de bénéficier de l'action de l'insuline.
Quels sont les dangers d'un dysfonctionnement de l'assimilation du sucre par les muscles ?
>> Les muscles consomment plus de 50 % du glucose ingéré par l'organisme. Sa métamorphose et son oxydation permettent de le transformer en énergie. Si le récepteur de cette protéine est déficient, le glucose reste dans le sang. Il abîme les artères, augmente le risque de maladies cardio-vasculaires et d'hyperglycémie chronique, qui provoque des troubles de la vue voire la cécité, ou encore des insuffisances rénales.
Quelles sont les perspectives pour la recherche et les traitements ?
>> La Région va faire du diabète sa priorité en terme de santé publique. c'est une très bonne chose. À terme, l'Institut européen de génomique du diabète (Egid) récemment ouvert à Lille. va accueillir 300 chercheurs. Il est urgent que l'État s'engage sur cette voie. Le diabète est le premier facteur de dépenses de santé aux États-Unis. Il concerne chaque année 6 % de personnes supplémentaires en France. Mais son coût augmente, lui, de 10 % en moyenne chaque année.
Nord Eclair le 8/09/09
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