Le diabète, c’est grave docteur ?
Oui, mais ce n’est pas contagieux
On en cause moins que de la grippe H1N1 et pourtant on peut parler d’épidémie mondiale en évoquant le diabète. En effet, le nombre de diabétiques dans le monde s’élève, selon le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire* du 12 novembre 2008, à plus de 180 millions. Ce chiffre pourrait doubler d’ici 2030. En France, selon l’Assurance Maladie, il y a plus de 2,5 millions de diabétiques traités soit 4% de la population et, rajoute l’AFD 500 000 diabétiques qui s’ignorent. Le taux de prévalence est proche de 4% avec des disparités régionales importantes. 4,8% des habitants du Nord-Pas de Calais sont porteurs de la maladie. Ces chiffres sont donc préoccupants.
Si l’hérédité joue un rôle plus important dans le cas du diabète de type 1, l’alimentation et l’activité physique sont des facteurs clefs dans l’apparition du diabète de type 2. « Le rapport à la nourriture est devenu problématique dans nos sociétés. Ainsi beaucoup de parents et de jeunes, sont désemparés face à la progression du phénomène de l’obésité et du surpoids. Il touche, aujourd’hui, 37% d’adultes et 15% d’enfants et d’adolescents…Fait nouveau, le diabète de type 2 qui se développait jadis essentiellement dans la population des plus de 40 ans au point de parler de « diabète de vieux » se déclare chez des sujets de plus en plus jeunes. Cette réalité préoccupe l’AFD indique Monsieur Gérard RAYMOND, notre président.
L’Association Locale des Diabétiques d’Arras et environs a bien été interpelée par le risque accru qui guette les jeunes et a entrepris depuis l’année 2008 une campagne de prévention auprès des 10-13 ans. Elle a déposé un projet auprès de l’URCAM NORD PAS DE CALAIS pour des interventions en collège et plus particulièrement auprès des 6èmes (là où se prennent les bonnes ou les mauvaises habitudes) dans le cadre du FNPEIS B 2008 (expliquer ce que c’est). Ce projet a été retenu et financé par la CPAM d’ARRAS. Il a même été reconduit pour 2009 à l’analyse de l’évaluation réalisée préalablement. Après des interventions auprès des jeunes des collèges Jehan BODEL d’Arras et MICHELET de LENS ainsi qu’à l’Ecole primaire Oscar CLERET d’Arras (à la demande des parents communs au collège BODELet des enseignants) en fin d’année scolaire dernière, les bénévoles d’Arras, formés par Carole AVRIL et Chloé LEBEAU, salariées du siège de l’AFD, ont poursuivi leur mission au collège des Marches de l’Artois à MARQUION en ce début d’année scolaire 2009-2010. Deux autres collèges sont ciblés pour la poursuite de leur action. La préparation suit son cours.
C’est près de 600 élèves et enseignants qui auront ainsi été alertés sur l’importance de la prévention face à cette maladie insidieuse qu’est le diabète et son cortège de complications. L’analyse des résultats des questionnaires d’évaluation remplis en fin d’intervention indique clairement que le message est passé.
Le diabète ne se voit pas mais c’est une maladie grave et pour s’en prémunir, l’équilibre alimentaire et l’activité physique sont des armes à la portée de chacun de nous.
Chaque intervention a répondu au cahier des charges qui avait été défini dès la rédaction du projet et la formation qui s’en est suivi. Nous le reproduisons succinctement ci-après :
Objectifs de l’action :
Cette action éducative a pour objectif d’informer et de sensibiliser les jeunes de 10 à 13 ans rencontrés dans les établissements scolaires par la promotion des bienfaits d’une bonne alimentation et d’une activité physique régulière pour éviter les risques que le surpoids et l’obésité peuvent engendrer : diabète à moyen terme et ses complications à long terme.
Elle vise également à sensibiliser le personnel (enseignants, infirmiers, etc.) aux implications et conséquences de la nutrition et de l’activité physique pour la santé à court , moyen et long termes par le développement d’actions dans la durée dans les établissements scolaires en associant directement le public.
Contenu de l’action :
Cette démarche et les modalités d’actions ont été travaillées avec Carole AVRIL du service Connaissance diabète de l’AFD. Il s’agit d’un programme interactif de prévention du diabète auprès d’adolescents, animé par des patients experts bénévoles qui ont participé à une formation adaptée à l’intervention.
L’équipe de bénévoles, par paire, intervient dans les classes et apporte tout au long de l’animation un témoignage vivant du vécu de la personne diabétique au quotidien. Elle s’appuie et s’adapte aux conditions intellectuelles, psychologiques et sociales des jeunes rencontrés et sur la connaissance qu’ils ont du diabète et de ses conséquences. L’élève est reconnu comme détenteur de savoir et de compétences en matière de savoir-faire sur la santé et libre de faire ses propres choix. Le groupe d’élèves constitue un espace de parole où chacun avec ses savoirs va pouvoir exprimer son opinion et partager avec ses camarades.
Déroulement de l’action :
L’intervention allie différentes techniques et outils complémentaires :
- Présentation des intervenants afin de situer le rôle de chacun dans la démarche.
- Animation d’un remue-méninge « c’est quoi le diabète » afin de transmettre des explications théoriques (nécessaires à la découverte du sujet) à partir du savoir et des représentations des élèves.
- Visionnage de la vidéo « Bouge ton quotidien » suivi d’un débat interactif autour de grands thèmes qui y sont abordés ou suggérés (le diabète, la maladie, l’hérédité, le rôle de l’alimentation et de l’activité physique).
- Un débat est lancé à partir de la comparaison du vécu de chacun par rapport à ce qu’il vient de voir et d’entendre. Ces échanges doivent amener les élèves à réfléchir sur leurs habitudes alimentaires et leurs activités physiques, leurs difficultés à manger équilibré et à bouger, leurs stratégies à développer.
Clôture de la séance et perspective de l’action :
Les élèves sont invités en fin de séance à remplir un questionnaire d’évaluation et reçoivent une documentation dont le livret « LES aliments IRRESISTIBLES » qui devrait leur permettre d’approfondir le sujet s’ils le souhaitent et de disposer de ressources en cas de besoin. Les mêmes supports sont donnés aux enseignants et responsables d’établissements afin de susciter des échanges ultérieurs (même entre adultes).
Si le diabète n’est pas contagieux, on parle cependant de pandémie car il touche de plus en plus de monde, jeune ou vieux, partout sur la planète. Il n’y a pas de vaccin mais la meilleure des préventions c’est l’alimentation équilibrée et la pratique régulière d’une activité physique. C’est le message que veut transmettre l’Association des Diabétiques d’Arras aux jeunes collégiens.
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* édité par l’InVS : l'Institut de veille sanitaire