PAR BERNARD VIREL
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Michel a le sourire. À 49 ans, il se sent « libre ». Comme peut-être il ne l'a jamais été. « Vous savez, j'étais complètement insulino-dépendant depuis l'âge de treize ans, dit-il. Alors depuis que j'ai été greffé, je me sens revivre.
» Une greffe de cellules pancréatiques réalisée il y a six ans alors qu'il n'arrivait « plus à avoir un bilan glycémique normal malgré les multiples injections d'insuline ».
« Une demande importante »
Malgré les précautions prises aussi... « Il y avait toujours le risque d'avoir un niveau de sucre trop élevé ou de faire une hypoglycémie. » Ce qui était particulièrement gênant dans ses activités, au point même pour une banale randonnée de faire « de multiples contrôles de glycémie avant, pendant, et après », sans que cela n'empêche à coup sûr de « faire un malaise ».
Autant de perspectives qui sont aujourd'hui oubliées... comme pour onze autres personnes traitées. « Il s'agit de patients,explique François Pattou, responsable de l'équipe INSERM (1), atteints de diabète de type 1 et qui ont du mal à trouver l'équilibre glycémique malgré les injections d'insuline. » Avec des conséquences désastreuses sur la vie au quotidien. C'est dire l'espoir des greffes réalisées sur quatorze personnes... Ainsi, aujourd'hui, avec un recul de trois à six ans depuis l'opération, onze patients ont gardé leur greffon et huit d'entre eux ont même abandonné les injections d'insuline. Un beau résultat - « au-delà de ceux attendus », confie François Pattou - et un bel espoir pour de nombreux patients. « Il y a une demande importante de greffes », selon Marie-Christine Vantyghem, endocrinologue, qui estime à 5 000 le nombre de personnes atteintes de diabète de type 1 sévère (au niveau national) susceptibles, à terme, de bénéficier de cette thérapie.
Bonne nouvelle : un deuxième essai - avec toujours quatorze patients - sera effectué en septembre. Toujours selon le même principe : la greffe de cellules pancréatiques (prélevées à partir du pancréas d'un donneur) qui, une fois implantées, permettent de restaurer de manière naturelle la sécrétion d'insuline. Une autre étude est même prévue pour comparer l'intérêt de ces greffes, avec les traitements classiques. De quoi laisser l'espoir, à terme, de réaliser ce type d'opérations, avec prise en charge par l'assurance maladie, comme dans certains autres pays (au Canada, par exemple). On n'en est pas là.
Nicole, elle aussi greffée (en 2004), profite juste de l'instant présent : « J'ai l'impression de renaître. C'est comme une deuxième vie. Je peux à nouveau conduire, avoir des activités normales. C'était vital pour moi d'avoir cette greffe. » •
1. - Dix-sept personnes de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale et du CHRU de Lille ont participé à cette étude.