Nous pouvons commencer par parler de la santé collective de la population.
Dans ce cas, nous sommes tout de suite rassurer. En effet en 2008, les français sont cinq fois plus nombreux à dépasser les 75 ans que les autres tranches d'âge. Nous vieillissons d'un trimestre par an et cerise sur le gâteau les hommes rattrapent légèrement le retard de la durée de vie moyenne, 76 ans, par rapport aux femmes, 84 ans.
Mais si nous en restons là, pourquoi faudrait-il tout révolutionner en matière d'organisation et de financement de la santé ?
Effectivement, cette année se discute la création des agences régionales de santé. Celles-ci doivent améliorer le pilotage des strutures de soins et de santé. Elles vont regrouper à la fois les agences régionales de l'hospitalisation, la Caisse régionale d'assurance maladie, l'union régionale des caisses d'assurance maladie, les directions départementales et la direction régionale des affaires sanitaires et sociales, les caisses primaires d'assurance maladie, le groupement régional de santé publique....et j'en oublie sûrement.
D'autre part, la crise économique laisse présager des déficits colossaux en matière de financement des besoins de santé, 21 millards d'euros en 2009 et 30 milliards d'euros en 2010.
Il est donc clair que notre système solidaire pour tous et pour toutes les situations arrive à bout de souffle. Nous allons donc devoir nous attacher à définir quelle santé nous souhaitons et pour qui.
Nous pouvons alors légitimement réfléchir à diminuer la prise en charge collective de certaines maladies. Le plus simple est d'ailleurs toujours de cibler les pathologies qui coûtent les plus chers. Et très vite, les affections chroniques semblent toutes trouvées. Elles permettraient de diminuer dans le temps les charges qui pèsent sur la collectivité et donc de soigner toujours plus de patients.
Sauf que la santé individuelle ne répond pas aux mêmes critères que la santé collective. Elle ne se satisfait pas d'une gestion de masse. Elle a besoin d'un accompagnement et du soutien de son réseau de proximité. Le médecin, la famille, les amis, l'infirmière, le pharmacien sont d'autant d'acteurs nécessaires à une bonne prise en charge.
Mais aujourd'hui, nous constatons une désertification médicale croissante avec les nombreux départs en retraite des professionnels de santé. Pire, la cellule familiale explose avec de plus en plus de personnes qui vivent seule.
Alors la santé c'est quoi ?
D'après Freud, la santé, c'est tout simplement la pleine forme. Elle n'est donc pas liée à la maladie mais tout simplement à la perception que l'on en a.
C'est là le défi de demain, c'est de définir ce qui est acceptable en matière de santé individuelle dans le cadre d'une prise en charge collective.
C.B. le 23 juin 2009 .
|